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Les débuts

Né en 1851 à Fegersheim, près de Strasbourg, Nathan Wildenstein décide de quitter son Alsace natale quand éclate en 1870 le conflit franco-prussien. Installé en région parisienne, il est employé chez un tailleur lorsqu’une cliente lui demande de négocier quelques tableaux. Nathan accepte bien qu’il n’y connaisse rien en peinture. Sans attendre, il se rend au musée du Louvre qu’il découvre pendant dix jours. « Cette décade céleste » est une révélation qui va décider de son destin. Il réussit à vendre les tableaux confiés, puis achète un Boucher, un Quentin de La Tour … le marchand d’art est né. À Paris, il ouvre sa première « boutique » rue Laffitte, choisit ensuite le VIIIe arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Honoré avant de s’installer 57, rue La Boétie. Son goût le porte vers les maîtres du XVIIIe siècle : Watteau, Lancret, Nattier, Fragonard, Houdon qu’il fait redécouvrir aux collectionneurs du monde entier.


L’édition d’art

Nathan meurt en 1934. Son fils Georges (1892-1963) lui succède. Homme érudit à l’esprit curieux, il s’intéresse aux peintres impressionnistes, mais aussi contemporains tel Picasso. Marchand autant qu’homme de cabinet, critique d’art passionné par la recherche, il organise des expositions, publie une première collection de catalogues raisonnés consacrés aux peintres et sculpteurs du XVIIIe siècle, dirige les revues Beaux-Arts et Gazette des Beaux-Arts. Convaincu que le commerce des œuvres doit s’appuyer sur une connaissance rigoureuse de l’art, Georges Wildenstein rassemble un fonds documentaire composé d’ouvrages, d’archives, de photographies, donnant ainsi une impulsion décisive à ce qui deviendra des années plus tard le Wildenstein Institute. Cet ensemble est à l’origine de la bibliothèque, créée dès 1918.


La recherche

Daniel Wildenstein (1917-2001) reprend le flambeau à la disparition de son père. Poursuivant la politique pertinente d’achats et d’acquisitions de matériaux documentaires, il développe la bibliothèque qu’il structure en sections thématiques. À son tour, il contribue à la publication des catalogues raisonnés, assure les rééditions et les mises à jour des anciennes parutions tout en menant pendant plus de quarante années ses recherches sur Claude Monet. Par l’organisation de colloques et d’expositions, par ses contributions à l’enrichissement des musées, Daniel Wildenstein concourt au rayonnement de l’art français. Aux chercheurs et historiens d’art, il apporte une aide intellectuelle, morale ou financière. Ainsi, encourage-t-il, entre autres travaux, ceux menés par Robert Fernier sur Gustave Courbet, ou par Marie Berhaut sur Gustave Caillebotte. En 1971, ce marchand d’art éclairé à l’œil perspicace est élu membre de l’Institut de France, à l’Académie des Beaux-Arts.


Nouvelles perspectives

À son exemple, ses fils ont assuré la continuité dans les domaines de la documentation, de la recherche, de l’édition. Depuis le décès de son frère Alec (1940-2008), auteur du catalogue raisonné d’Odilon Redon, Guy Wildenstein, secondé par la cinquième génération, préside le Wildenstein Institute et s’attache à poursuivre la politique de mécénat. Auteur du catalogue raisonné d’Albert Marquet, il dirige les équipes de recherche, anime les comités, pour l’élaboration des catalogues critiques dont celui consacré à Renoir, entreprise de grande envergure. Il a le souci de rendre accessible aux historiens, aux collectionneurs, aux acteurs du marché de l’art, les richesses de la bibliothèque rassemblées depuis plus d’un siècle, avec pour objectif une modernisation constante grâce aux nouvelles technologies.